lundi 20 mai 2013

DOSSIER : Produire de l’eau salubre par des méthodes simples (1- Collecter les eaux naturelles)


En conditions de survie ou au quotidien pour de nombreuses populations déshéritées dans le monde, trouver ou produire de l’eau salubre est une nécessité vitale tant en quantité qu’en qualité.

L’eau corporelle n’étant pas stockable, il est indispensable de préserver l’équilibre de notre balance hydrique qui régule les apports et les pertes quotidiens en eau (sans oublier les sels comme le sodium…) sous peine de déshydratation. Nous développerons dans un autre article, cette notion capitale de balance hydrique qui dépend de nombreux facteurs. 

Il est important pour notre propos de voir les conséquences de la déshydratation et les symptômes associés qui renseignent assez précisément sur la sévérité de votre déshydratation et surviennent à partir de seulement 1% de perte pondérale en eau.


 

  Pour aller plus loin sur la déshydratation :



 
  1. Definition
  2. Symptoms
  3. Causes
  4. Risk factors
  5. Complications
  6. Preparing for your appointment
  7. Tests and diagnosis
  8. Treatments and drugs
  9. Prevention

 * * *
 Pour rédiger cette série d’articles, je me suis largement inspiré du dossier « eau et survie » bien construit et très instructif. Il a été écrit par Mélanie Paziault, propriétaire du site « zombiesworld » que je remercie vivement pour la reprise de certaines informations et commentaires ainsi que pour ses infographies.

Je renvoie le lecteur à ce dossier de référence pour les conseils de gestion de l'hydratation, d'apport et d’économie d’eau en fonction des milieux (désert, jungle, mer...) ainsi que pour le repérage des signes de présence du précieux liquide en conditions de survie .

http://www.zombiesworld.com/eau-et-survie-dossier-complet-tout-savoir 

Pour ma part, je me focaliserai sur les différentes techniques de collecte, de filtration et de purification en essayant d’être le plus complet possible.


 A)     Collecter les eaux naturelles

L’eau de pluie (conditions de survie)

Dans nombre de pays, les techniques de recueil et de valorisation des eaux pluviales, que ce soit en milieu urbain ou rural, sont bien maitrisées. Consultez le site de référence français en la matière : http://www.ec-eau-logis.info 
 
En milieu naturel vous aurez beaucoup moins facilement accès à cette eau venue du ciel. Cependant, observez la nature autour de vous. Où que vous soyez, de nombreux cavités naturelles existent et peuvent après une bonne averse conserver de l’eau de pluie ! De plus, ce qui n’est pas imperméable s’imbibe et en essorant vos vêtements, vous obtiendrez aussi le précieux liquide. Tout ce qui peut contenir ou imbiber de l’eau est bon à prendre !

Première technique simple; la bâche suspendue


 

Voir :


Une autre méthode très efficace et facile à réaliser consiste à creuser un trou dans le sol et à tapisser le fond d’une bâche. Si vous n’en avez pas, il est aussi efficace de recouvrir le fond d’argile, d’une grande feuille type palmier, ou d’un tissue quelconque. Le but est seulement d’empêcher que la terre absorbe l’eau !

 


En milieu tropical, les grandes feuilles type palmier peuvent servir d’entonnoirs naturels. Lors d’averses, placer vos récipients sous celles-ci augmentera la quantité d’eau capturée. De la même façon, vous pouvez augmenter la surface de récupération des petits récipients en enroulant une de ces grandes feuilles sur elle-même et en la plaçant dans le récipient.


 


Un autre document très bien renseigné :

http://www.dur-a-avaler.com/wp-content/uploads/2013/12/Guide-PDF-permaculture/GUIDE-collecte-eau-de-pluie.pdf 


L’eau de pluie (approvisionnement en eau potable PVD)

Le système PLUVALOR

Une gestion durable de l’eau implique une utilisation conjointe de plusieurs sources disponibles pour l’approvisionnement de la population. Dans les villes où l’eau de distribution est de qualité médiocre, la valorisation de l’eau de pluie représente une possibilité intéressante pour la production décentralisée d’eau potable de haute qualité. En réalité, l’eau récupérable sur les toits d’une ville est loin d’être une quantité négligeable, bien que trop faible pour couvrir la totalité des besoins des ménages. 



"L'EAUTARCIE" dans les pays en voie de développement

L'eau de pluie stockée dans une citerne enterrée en béton ou en maçonnerie se conserve dans un état impeccable. Le problème est d'en disposer toute l'année, même pendant la saison sèche. Plus cette saison est prolongée, plus il faut augmenter la capacité de la citerne.

http://www.eautarcie.org/06c.html 


La johad, une ancienne technique indienne de stockage de l'eau de pluie


 http://www.uneseuleplanete.org/spip.php?article213


 Un collecteur simple d'eau de pluie



http://www.thesurvivalistblog.net/the-preppers-easy-to-set-up-rain-water-catchment-system/

La rosée


La rosée provient des vapeurs d’eau chaudes atmosphériques qui se condensent grâce à la fraîcheur du sol qui se refroidit très vite à la nuit tombée. Plus la différence de température est élevée, plus la quantité produite est grande !

A l’aube, la rosée est abondante. Il est facile d'en recueillir à l'aide de vêtements par exemple.

 



Pour les curieux, il est possible de se documenter sur :

1) les condenseurs atmosphériques grandeur nature 
(http://www.larecherche.fr/actualite/aussi/puits-rosee-reve-remis-a-flot-01-05-1996-88208  )  

2) les procédés de collecte de l'eau de rosée à partir du site très documenté OPUR (http://www.opur.fr/fr/index_fr.htm  ) 

3) les célèbres "attrapes brouillard" utilisés dans certaines régions montagneuses de par le monde
(http://www.arte.tv/fr/lima-quand-l-eau-est-un-luxe/3333638,CmC=3333634.html  ).

 



"Moissonner le brouillard" (Maroc) :

http://www.huffingtonpost.fr/2015/06/16/maroc-eau-brouillard-filets-invention-ong-fog-quest_n_7591882.html






"Capter" l’eau du brouillard pour aider les quartiers pauvres de Lima(Pérou)

À Lima, de nombreux habitants des quartiers populaires sont exclus du réseau de distribution d’eau qui approvisionne le reste de la ville. La capitale péruvienne étant régulièrement plongée dans la brume, une association locale a décidé d’installer il y a quelques années des "capteurs de brouillard" – un dispositif qui permet de récupérer de l’eau à partir du brouillard


http://observers.france24.com/fr/20170104-perou-lima-capteurs-brouillard-eau-aider-quartiers-pauvres-association-agriculture


Le "cloud fisher"

Au Maroc, un filet prénommé «Cloud Fisher» et inventé par l’entreprise allemande Aqualonis, capture le brouillard pour le transformer en eau potable. Semblable à une immense toile d’araignée de 17 000 m² et dressé sur les hauteurs de l’Atlas,  il capte en 24 heures, l’équivalent de 36 000 litres d’eau pour alimenter 800 personnes dans leurs besoins quotidiens : toilettes, alimentation, agriculture. Grâce à un phénomène d’attraction, il piège la rosée, en canalise les gouttes puis les collecte dans des cuves en contrebas.





4) Le système  "WarkaWater" constitué d'un tissu en nylon ou en polypropylène tendu à l’intérieur d'une structure en bambou de 9 mètres de hauteur. Ce dispositif original permet de récupérer plus de 95 litres d’eau potable par condensation. 


 



 


Voir :
http://www.architectureandvision.com/projects/chronological/84-projects/art/492-073-warkawater-2012?showall=&start=2 

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20150126.OBS0843/un-collecteur-d-eau-pour-l-afrique.html 

* * *
La « Warka water » est une structure de 10 mètres de haut est fabriquée en bambou. En haut, est tendu un filet en plastique recyclable et biodégradable dont le but est de condenser l’eau présente dans l’atmosphère ambiante. Située juste en dessous, une cuve permet de récupérer jusqu’à 100 litres d’eau potable chaque jour. Autre énorme point positif, seules 6 personnes et 4 jours suffisent à construire la Warka Water. Évidemment, l’invention a été pensée pour équiper des endroits reculés et ne nécessite aucun branchement électrique. Pour ce qui est du budget, il est inférieur à 1000 euros. À titre de comparaison, la construction d’un puits demande bien plus de qualifications, d’argent, de main-d’œuvre et de temps. 




http://www.leral.net/Il-invente-une-structure-capable-de-donner-de-l-eau-potable-aux-plus-demunis-et-cela-n-importe-ou-dans-le-monde_a169960.html 

Vidéo : "Warka, une tour qui transforme le brouillard en eau potable"

http://www.futura-sciences.com/videos/d/warka-tour-transforme-brouillard-eau-potable-3586/



5) Un collecteur bioinspiré d’eau atmosphérique


Des chercheurs de l'université de Harvard aux États-Unis ont réuni les qualités de structure de trois êtres vivants (le scarabée du désert de Namib, les cactus et une plante carnivore du genre Nepenthes) pour créer un nouveau matériau bioinspiré capable de collecter la vapeur d'eau de l'atmosphère avec une efficacité jamais atteinte jusque-là.



Une invention qui pourrait,  lorsque ce prototype passera en production industrielle, servir aux populations fragiles des pays désertiques mais également à des applications industrielles comme la désalinisation de l'eau de mer, les systèmes de déshumidification ou de climatisation, la distillation fractionnée, etc.



 


6) Le système  "SANAKVO"

 L'eau atmosphérique :

http://www.sanakvo.org/water-cycle 

Le processus comprend 2 étapes : 1) capter l'eau de l'air grâce au glycérol et 2) séparer l'eau collectée du glycérol par énergie solaire 












Plus de détails : 

http://www.sanakvo.org/how-it-works



7) Le dôme «Roots Up»

Dans le nord de l’Éthiopie, un petit projet pourrait représenter un espoir pour un renouveau de l’activité agricole. En effet, la start-up  «Roots Up» vient de concevoir un système de serre en dôme capable de collecter de l’eau à partir de la rosée destinée à l’agriculture mais aussi à l’alimentation en eau potable.




http://www.agenceecofin.com/investissement/2405-29208-innovation-un-dome-pour-relancer-l-agriculture-dans-le-nord-de-l-ethiopie




8) Le SunGlacier DC01


C’est une étonnante machine qui utilise l’humidité présente dans l’air pour produire de l’eau potable grâce à l’énergie solaire. Issue d’une collaboration d’Ap Verheggen, un artiste hollandais, et d’une entreprise du nom de SunGlacier, les propriétés de cette œuvre artistique en font une source d’espoir pour les zones du globe où l’eau se fait déjà très rare.
Si chaque cycle ne produit qu’une tasse d’eau seulement,  Ap Verheggen voit dans son invention la possibilité d’inspirer les chercheurs du monde entier qui pourraient à terme, mettre au point une solution réellement applicable aux zones désertiques en produisant de plus grands volumes d’eau.


Sunglacier DC01

Le projet DC02

DC02

http://www.fredzone.org/ils-ont-cree-une-machine-capable-de-produire-de-leau-potable-a-partir-du-soleil-et-de-lair-554 

http://sunglacier.nl/category/news 



9) Water Seer : une éolienne qui fabrique de l'eau potable


Cette éolienne aspire l’air environnant qui est alors propulsé par une hélice le long d’un tube métallique enterré sous terre. Dans ce tube protégé de la lumière et de la chaleur, la température est si fraiche que l’air, sous l’effet de la condensation, se transforme alors en eau stockée dans une citerne souterraine.





Les riverains n’ont plus qu’à se servir à l’aide d’une simple pompe manuelle.



Cette éolienne ingénieuse permet de récolter... par dailygeekshow

http://positivr.fr/water-seer-eolienne-eau/ 

http://waterseer.org/ 
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10) Dispositif MOF de captation de l'eau atmosphérique

Des scientifiques du MIT (Massachusetts Institute of Technology) et de l’Université de Berkeley ont créé un dispositif capable de récolter l’eau douce dans l’air, même dans les endroits désertiques. Ce dispositif baptisé « récolteuse à énergie solaire » fonctionne grâce à un matériau très particulier appelé structure métallique-organique (MOF). 

La récolteuse à énergie solaire a été testée dans des environnements où l’humidité est de 20 à 30 %, et a été capable de retirer 2,8 litres d’eau en 12 heures, en utilisant 1 kg de MOF. Les tests en conditions réelles sur le toit du MIT sont également très satisfaisants. Non seulement le dispositif permet de récolter l’eau douce même à faible humidité, mais en plus il pourrait facilement être mis à l’échelle pour alimenter les familles en eau douce


 

Device pulls water from the air


                                                   * * *
D'autres références à consulter :
 
¤ http://www.clubdesargonautes.org/faq/arbrefontaine.php  




Les eaux végétales


On peut collecter de l’eau en  attachant un sac en plastique autour d'une branche d’arbre.


  

                                                                     Une variante...

 


Une autre manière de recueillir l'eau des végétaux et de l’atmosphère consiste à placer un bol en plastique sur l'herbe au soleil. L’humidité s'accumulera à l'intérieur, et vous obtiendrez un peu d’eau parfaitement consommable.

 


Il existe encore un autre moyen d'obtenir de l'eau en réalisant un piège à condensation végétale (creuser un trou d’environ 90 centimètres de large sur 45 centimètres de profondeur) comme illustré ci-dessous

  

* * *


Tous ces procédés de collecte d’eaux ne garantissent pas pour autant l’obtention d’eaux salubres en raison de possibles contaminations microbiologiques (bactéries pathogènes, virus, parasites)  ou de pollutions chimiques éventuelles (minéraux toxiques par exemple).

Les étapes suivantes pour obtenir la garantie d’eaux consommables passent par différentes techniques de filtration et de purification des eaux brutes (naturelles) que nous détaillerons dans les prochains articles.


* * *




 B)     Transporter l'eau 
     
   Voici une innovation élémentaire mais fondamentale car elle propose une solution pour l’accès à l’eau, dans les pays où les corvées d’eau sont courantes, comme en Afrique. 
      
     En effet encore 13% de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable et les 87% restant ne sont pas tous connectés à un réseau. Ils ont souvent plusieurs kilomètres à parcourir jusqu’à un puits ou une borne-fontaine. Cette innovation a pour but de simplifier la corvée d’eau, qui demeure encore souvent réservée aux femmes ou aux enfants...  

     Le Q-Drum est un bidon de 50 litres (en polyéthylène de faible densité pour limiter le poids) qui a la particularité de rouler sur lui-même, tiré à partir d’une corde attaché par le trou central. Il ne possède pas de poignée qui pourrait être cassée et la corde est facilement remplaçable.


  


Source :








                                                       











                                                                             

















2 commentaires:

  1. Bonjour,

    Pourquoi qualifiez-vous les eaux de pluie de brutes ?

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  2. Bonjour, Merci pour votre message. Je prends comme référence la définition des eaux brutes du Conseil Régional de Poitou-Charentes : "Eaux superficielles ou souterraines telles qu'elles se présentent dans le milieu naturel avant d'avoir été traitée en vue d'un usage".
    Source :http://www.documentation.eaufrance.fr/spip.php?page=concept&id_concept=350
    Le terme d'eaux naturelles serait sans doute plus général et approprié.
    Bien à vous

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