mercredi 12 juin 2013

DOSSIER : Produire de l’eau salubre par des méthodes simples (2- traitements microbiologiques)


Après la collecte d’eaux naturelles (pluie, rosée, eaux végétales, rivières, puits…), il est ensuite indispensable de la rendre salubre (bonne pour la santé) ou potable (que l’on peut boire sans danger pour la santé). En effet, l’eau véhicule de nombreux contaminants ou polluants qu’ils soient biologiques et/ou chimiques 

Rappelons que plus de 800 millions de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à une eau potable. Pour ces populations, la question de la qualité de l’eau relève d’une approche nécessairement globale qui comporte l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’hygiène (lavage des mains, des ustensiles de transport et de stockage), le traitement et la conservation de l’eau à domicile.

 L'accès à une eau salubre pour les populations pauvres est difficile :

http://www.actualites-news-environnement.com/31942-UNICEF-pauvres-planete-moins-acces-eau-salubre.html   

L'élimination des microorganismes pathogènes (bactéries, virus, parasites) de l'eau de boisson contaminée par les matières fécales demeure le plus grand problème lié à la qualité de l'eau dans le monde. Selon l’OMS, la diarrhée tue chaque année en Afrique et en Asie 1,5 million d'enfants de moins de 5 ans  et 1,1 million de plus de cinq ans. Les études montrent que le lavage des mains permet de réduire de 40 % les maladies diarrhéiques, l’assainissement les diminue d’environ 36% et une eau de qualité de 15 %.

Le dessin ci-dessous illustre les sources et voies de contamination microbiennes et parasitaires :


  


Une excellente analyse des multiples aspects de cette importante thématique de santé publique que constitue l’hygiène hydrique et l'apport de solutions concrètes à mettre en œuvre sont fournis par les documents de deux ONG ; le CAWST  (http://www.cawst.org/  ) et le pS-Eau.(http://www.pseau.org/outils/biblio/resume.php?d=3999&l=fr  )



A lire également, un document du site "Wiki Water" : "Principes généraux et principales méthodes de formation et de sensibilisation aux problèmes d'hygiène et de santé liés à l'eau et à l'assainissement" :


 http://www.wikiwater.fr/c1-principes-generaux-et.html  

 * * *
Ceci posé, revenons à la problématique de la qualité d’une eau de boisson qui implique de prendre en compte trois catégories de paramètres : 

La qualité microbiologique.

Trois types de microorganismes indésirables peuvent être présents dans l'eau :

• Des bactéries pathogènes comme Escherichia coli (souche 0157-H7), le vibrion cholérique (responsable du choléra), les salmonelles (qui déclenchent diarrhées et Fièvres typhoïdes), les shigelles (responsables de Dysenteries)…

• Des virus dont la plupart sont pathogènes et proviennent principalement des matières fécales humaines. Les principaux types de virus, sont les norovirus, l’hépatite A, l’hépatite E, les rotavirus, les entérovirus, les Adénovirus et les astrovirus. Tous ces virus sont susceptibles de déclencher des fièvres, nausées, diarrhée et gastroentérites notamment. 

• Des parasites : protozoaires (unicellulaires) et helminthes (vers). Dans la première catégorie, on distingue : Giardiase, Isospora, Cyclospora, Cryptosporidium, les Microsporidies et Entamoeba histolytica (amibe). Dans la seconde, les plus souvent rencontrés sont les ascaris, les schistosomes (ou bilharzies) et les tricocéphales. 

La qualité physique dont l’un des paramètres est la turbidité (trouble de l’eau) susceptible de la colorer. Celle-ci est causée par les particules en suspension dans l'eau (matières organiques, argiles, organismes microscopiques...). Une forte turbidité favorise la fixation et le développement des micro-organismes, rendant sa qualité bactériologique suspecte. 

La qualité chimique. L’eau étant un solvant quasi universel, elle peut contenir nombre de substances indésirables comme les pesticides, les métaux lourds ou métalloïdes (mercure, plomb, cadmium, arsenic, chrome…), les résidus médicamenteux et hormonaux…
Nous citerons ici trois minéraux qui posent des problèmes sanitaires lorsqu’ils sont présents en excès : le fluor, l’arsenic et le manganèse
***
Les trois phases complémentaires du traitement des pollutions physique et microbiologique de l’eau : sédimenter, filtrer, désinfecter

En raison de la contamination généralement multiforme de l’eau (présence de particules solides en suspension, de bactéries, de virus, etc.), l'ensemble du processus de traitement (sédimentation, filtration, désinfection) est essentiel pour éliminer la (quasi)totalité des pathogènes et fournir la meilleure qualité d'eau possible.

  


  


Dans cet article nous décrirons la première approche de ces traitements


1 )   La sédimentation
Cette première étape permet le dépôt de particules de matières présentes dans l’eau. Une fois déposées, ces particules de matières peuvent être retirées plus facilement, ainsi que les micro-organismes fixés sur ces particules. La sédimentation permet d’améliorer la qualité physique et microbiologique d’une eau. 

a. La décantation
La décantation consiste à débarrasser l'eau des matières en suspension qui se déposent sous l’effet de leur propre poids. Un stockage inerte de l’eau dans de bonnes conditions d’hygiène pendant une journée permet d’éliminer plus de 50% de la plupart des bactéries. Si le stockage est prolongé, des réductions supplémentaires peuvent être obtenues. Si les matières en suspension sont très petites (comme des particules d’argile), les performances de la décantation en seront d’autant amoindries. 


  



b. La coagulation naturelle

 La coagulation consiste à ajouter une substance (un réactif coagulant, souvent liquide) à l’eau pour favoriser l’agrégation des particules solides, soit entre elles, soit avec la substance ajoutée.

Fiche technique sur les coagulants naturels (from CAWST) :

.http://resources.cawst.org/fr/system/files/HWTS%20Fact%20Sheet_Natural%20Coagulants_Detailed_2011-06_fr.pdf 


 Zoom sur le Moringa Olifeira
 Cet arbre (appelé communément Moringa) est assez répandu en milieu rural et présente l’avantage de pouvoir être cultivé. Les graines extraites de l’arbre et broyées sont transformées en poudre qui constitue un coagulant efficace. Le dosage requis est de quelques dizaines de mg par litre, selon la turbidité de l’eau à traiter.



  



Mode d'emploi des graines de Moringa Olifeira


  



Pour obtenir la solution coagulante, il suffit de :
  • broyer les graines de Moringa séchées afin de les réduire en poudre
  • diluer la poudre dans de l'eau
  • mélanger pendant 30 minutes à 20°C
  • pré-filtrer puis filtrer à 0,45 µm.  

Une meilleure purification de l'eau avec les graines de Moringa Olifeira

http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/actu/d/developpement-durable-meilleure-purification-eau-graines-arbres-moringa-50770/

 * * *

 Pour en savoir plus
  
http://www.moringanews.org/biblio.html  

  
www.moringanews.org/documents/GeneralMoringa.doc  

www.moringanews.org/documents/Floculantsnaturels.doc   

c. La coagulation chimique

Les principaux coagulants chimiques utilisés sont le sulfate d’aluminium (Al2SO4, appelé également alun), le sulfate de fer (FeSO4) et le chlorure de fer (FeCl3). Les sels de fer sont préférables à l’aluminium dont la toxicité est discutée.


d. Principe de la coagulation-floculation et  choix du coagulant 

Voir : 

 http://hmf.enseeiht.fr/travaux/CD0304/optsee/bei/5/binome4/coag.htm   

http://hmf.enseeiht.fr/travaux/CD0304/optsee/bei/5/binome4/coag2.htm   




 * * *

Synthèse illustrée "Traitements et conservation de l'eau à domicile"


CAWST (Centre for Affordable Water and Sanitation Technology)



Webinar : 
  















* * *

7 moyens de purifier bactériologiquement l'eau :

Ébullition, distillation, pailles filtrantes, filtres divers, lumière UV, méthode SODIS, tablettes désinfectantes




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire